DAHMANE YACINE

l'influence des Gipsy Kings

Le groupe café crème connaît désormais un 3eme chanteur, après Redha Sika, Mehdi laifaoui (qui excelle dans le chant maghrabi) c’est au tour de Dahmane Yacine de s’engager dans une carrière solo.

Après la sortie de son 1er album « salam » il ya quelques mois, Dahmanos del Yacinos (pour les intimes) investit la scène de la salle Ibn Zeidoun pour une soirée aux couleurs latino-hispaniques, une façon pour lui  et pour son producteur Mehdi Lafifi de promouvoir cet opus.

L’impressionnante grappe humaine qui s’est agglutiné devant le portail de la mythique Ibn Zeidoun annonçait déjà un spectacle dans lequel va régner un je ne sais quoi de festif et d’acoustique, Yacine devait assurer, il n’avait pas le droit de décevoir tout ce public qui est venu danser sous les airs de la rumba ! et c’était chose faite.

Pari gagné pour son baptême de feu , la salle a vibré, deux heures durant, aux rythmes de la salsa, de tango, de la samba et de  Milonga ; le flamenco y coulait à flots, de belles balades mexico- argentino-espagnoles déviant parfois sur digressions oranaises et des notes orientales, sublime mariage des instruments alliant le bendir au violon sur un fond de  guitares et de « larmes » d’accordéon, en osant même une fusion celte ! Que du bonheur.

Avec sa voix cassée et forte, il a plongé  son public dans un délire sans commune mesure, digne héritier de  Paco de Lucia et de Farruco, il a égrené son répertoire et en reprenant des morceaux des grands maitres de flamenco, les Gipsy kings et consorts.

Ecouter Yacine c’est se laisser aller dans les quartiers de Séville et de se pavaner dans les allées du palais de l’Alhambra c’est assister à une corrida, et se mettre dans la peau d’un « gaucho » face à son torero. 

Impossible de se retenir de danser en l’écoutant interpréter de fort belle manière « Maria te quiero », « Amor mio » , et  « bomboleo » , c’est le déchaînement ! Yacine à mis le feu ! Quelle belle fiesta !

Cerise sur le gâteau, la gracieuse danseuse  « gitane », l’argentine Ana Vidae, dans sa robe espagnole rouge pourpre a accompagné l’artiste tout au long du spectacle, il y avait des étincelles dans les yeux de tous les hommes qui se délectait de ce beau spectacle.

   Et c’est dans un silence religieux que la salle l’a écouté interpréter « Valere » et « cuanta me » (raconte moi).

En guise de finish, un salam salam majestueusement interprété, dans un style  gypsy algérianisé avant de clore en feu d’artifice dans un duo avec redha Sika , une chanson du terroir « ya lehwawi », une fin en apothéose.

Bravo Yacine,  c’était « una grande y bellisma fiesta » (une grande et belle fête).

Farouk Bleazzoug

L’interview

En fin de spectacle nous avons rencontré Yacine Dahmane encore en sueur, nous l’avons accroché avant même qu’il n’aille se changer, interview « très » à chaud.

Dites yacine, vous n’avez pas des origines espagnoles ou latines ?

Pas du tout , je suis algérien à 100%, pas une goute de sang étranger ne coule dans mes veines.

Et comment vous est venu cet accent typiquement espagnol, sans aucune « fausse note » ?

C’est à force d’écouter les gypsy kings et de chanter que j’ai acquis cet accent, pour votre information, j’ai commencé a chanter le flamengo alors que j’ n’avais que 13 ans.

Justement, parler nous un peu de votre carriére

J’ai commencé dans une troupe qui s’appellait « mosaique », avant de partir dans un autre groupe « costa blanca », j’ai aussi fait un passage dans Mediterraneo avant d’atterir dans « café creme » et d’entamer ma carrière solo.

Et comment ca s’est passée votre 1ere scéne aujourd’hui ?

J’avais le trac grave, je tremblais de partout, mais c’est sans aucun doute le plus jour de ma vie, à aucun moment je ne m’attendais à une telle affluence, je suis aux anges.

Vous êtes donc libéré de cette pression et prêt à d’autres aventures ?

Et comment ? je ne vais plus m’arrêter maintenant, je vais enchainer les tournées et les spectacles, je suis dans mon univers !rires !

Son producteur Mehdi Lafifi ( qui est aussi producteur de cheikh sidi bémol et de Djamawi Africa)  intervient : au « programme, une tournée en fin juillet qui va nous mener à Bejaia, Sétif, Constantine et Tizi Ouzou, il aura aussi le festival de Guelma et plein d’autres soirées en perspective, il ya aussi un autre album en chantier qui sortira début 2009,  Yacine est un artiste de talent, j’aime beaucoup ce qu’il fait, j’ai envie de l’aider et de l’encourager »

Entre temps, Yacine, enchaine les autographes, les embrassades et les félicitations, Yacine el Ksentini accompagné de son épouse est venu jusqu'à dans les loges pour le féliciter, il avait beaucoup de fansqui l’attendaient, sa femme s’impatienter, j’ai préféré m’éclipser et les laisser savourer ce succès en amoureux.

Bon vent Yacine .

Ana Vidae: Danseuse flamenco.

Mince, gracieuse et beaucoup de classe, avec son accent du sud de

la France

mêlé a des sonorités latines, Ana nous apprend que c’est la 1ere fois qu’elle vient en Algérie «  c’est un très beau pays, j’ai eu l’occasion de visiter la côte algéroise, je suis sous le charme, j’y reviendrais souvent ».

A propos de la soirée elle nous dit «  c’est un grand plaisir de travailler avec un artiste comme Dahmane, il a beaucoup de talent, il peut rivaliser avec tous les grands noms de la musique flamenco, en plus de ca, il est très gentil et est d’une douceur extraordinaire. »

Ana Vidae et d’origine argentine, elle enseigne les danses latines (flamenco , salsa et tango) dans une école à Marseille.

Sa rencontre avec Yacine s’est faite par l’intermédiaire de Mehdi Laafifi, «  il m’a vu danser au cours d’un spectacle, il m’a proposé, j’ai rencontré l’artiste, je l’ai écouté et j’ai accepté sans trop négocier, c’était le coup de foudre, artistiquement parlant, et s’il veut bien de moi je suis disposée à l’accompagner dans toutes ses tournées »