RADIA BENSERSA

RADIA

Une chanteuse de charme à la voix altière, harmonieuse et délicate

Elle n’a que 23 ans et elle est déjà une artiste entière, elle a tout d’une grande comme disait la pub, c’est une artiste jusqu’aux bouts des ongles. Normal, pour une fille qui a été élevée dans un milieu artistique, de père chef d’orchestre et de mère violoniste.

Cette virtuose des instruments à cordes a… plusieurs cordes à son arc : elle est « star académicienne » saison 4, chanteuse de charme à la voix altière, harmonieuse et délicate, elle a participé au spectacle d’Edouard Baer. « La folle et véritable vie de Luigi Prizzoti », au sitcom « Ness Mlah City », elle a chanté en duo avec Dany Brillant, fait la 1ère partie de Chimène Badi dans le très mythique Olympia… et la liste est encore longue.

Le public algérien l’a découvert et apprécié dans ses duos avec Lotfi Double Kanon en interprétant le tube d’Evanescence « Bring me to life », version rapée et algérianisée, et avec Hamidou en s’attaquant en double version « franglaise » de My Way (comme d’habitude).

Aussi, pour l’écouter en live, ses fans se sont déplacés en masse à la salle El Mouggar où elle s’est produite en 1ère partie de la diva Nadia BENYOUCEF en cette soirée ramdhanesque. Ses fans et aussi sa famille qui est venue en force encourager la petite bozo (son petit nom) qui est devenue grande…

Dès son apparition très coquettement habillée en liquette pailletée qui cache un fuseau noir, Radia suscitera une standing ovation et des youyous.

Elle ne s’attendait visiblement pas à une telle affluence, envahie par le trac, elle trouve difficilement ses mots « Dieu merci, vous êtes venus ».

Elle zappe sur les salamalecs protocolaires et entame son récital avec « un peu de poudre persane », une chanson très frenchy à la Hélène SEGARA, avant d’engrainer toute sa discographie, une discographie aux sonorités très rythmées et « extrémistes », allant de la pop music à la variété française avec des débordements sur des influences arabo-berbères avec des clins d’œil au grand Idir.

Radia ose- et c’est justement ce qui fait son charme et son originalité- quand elle a osé habiller certains de ses titres avec des touches gnawi-tindi et des digressions andalouses. Ce fut du pur bonheur auditif. Elle s’est même permise un berwali avec en prime une danse hyper hedi typiquement algéroise.

Une vraie bête de scène, une fille pleine de fraîcheur et débordante d’énergie. Elle a impressionné l’assistance, non pas avec ses envolés seulement, mais aussi avec ses grands talents de danseuse. Elle a exécuté une danse du ventre très soft, une salsa bien « pimentée » et s’est même adonné à un roulement d’épaules très « laalawi » en demandant à son public de partager ces danses avec elle. « Allez, lâchez-vous, ne me laissez pas danser toute seule comme une fofolle ».

« Je ne peux pas venir en Algérie sans rendre un hommage à Guerouabi, qui était un ami de la famille » lance Radia à l’adresse du public, et c’est un hommage très émouvant qu’elle lui rend en interprétant de fort belle manière une de ses chansons phare « El bareh », une version personnalisée et emballée dans un rythme jazz-blues très digest, une belle plage olfactive aux senteurs nostalgiques.

Radia ne s’arrête pas là, elle interprète avec brio le tube du grand maître Mohamed Zerboute, « Ch’hilet laayen », déjà revisité et relooké par le king Khaled, avant d’embrayer et de passer la vitesse supérieure avec une très rythmée « Djani Djani » qu’elle chante en duo avec son luthiste et driver de son orchestre, Nourreddine Allane, un ex d’Essendoussia.

En guise de finish, un classique du patrimoine national : « Ballahi ya Hamami » un délice du maalouf-flamenco à la juste frontière des deux grands maîtres en la matière ; Hamdi Benani et Enrico Macias. Ce fut le feu d’artifice, une fin en apothéose pour cette valeur sûre de la musique franco-algérienne.

Bravo Radia, on a beaucoup aimé… On a adoré.

Farouk Belazzoug (Les nouvelles confidences)10 OCTOBRE 2007